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Prévision des ventes en agroalimentaire : fond de rayon, promotions, DLC

Fond de rayon, promotions, DLC, saisonnalité : une méthode progressive pour fiabiliser la prévision d'une PME agroalimentaire, et les erreurs à éviter.
2 mars 2025 par
Prévision des ventes en agroalimentaire : fond de rayon, promotions, DLC
Planitools

La prévision des ventes en agroalimentaire a une particularité que les autres industries n'ont pas : le produit se périme. Avec une DLC de quelques jours, impossible d'absorber une erreur de prévision avec du stock. Ce qui n'est pas vendu est jeté, ce qui manque est perdu. Pourtant, beaucoup de PME du secteur prévoient encore avec un fichier Excel hérité, retouché chaque semaine par une personne qui a tout en tête.

Structurer la prévision ne demande pas un modèle compliqué, mais de séparer le régulier de l'exceptionnel, de mesurer la saisonnalité, de projeter le stock avec la DLC en tête et de mesurer l'erreur. Cet article décrit cette approche progressive, telle que nous l'avons mise en œuvre en agroalimentaire, et les erreurs que nous rencontrons le plus souvent.

Pourquoi la prévision des ventes en agroalimentaire ne ressemble à aucune autre

Quatre contraintes se cumulent :

  • La DLC courte. La date limite de consommation borne la couverture de stock possible. Un produit à sept jours de DLC, dont le client exige cinq jours de vie résiduelle à la livraison, laisse deux jours de marge.
  • Les promotions de la grande distribution. Une opération en catalogue peut multiplier les volumes d'un article par trois sur deux semaines, puis retomber. Mélangée à l'historique, elle fausse toute moyenne.
  • La saisonnalité et la météo. Grillades, fêtes de fin d'année, vacances scolaires, jours fériés : la demande bouge d'une semaine à l'autre, et même d'un jour à l'autre.
  • Les lignes de production. Cadences, changements de recette et nettoyages imposent de lisser la charge ; une prévision journalière sert d'abord à cela.

Séparer le fond de rayon des promotions

Le fond de rayon désigne les ventes régulières d'un article : ce que le client commande semaine après semaine, hors opération. Les promotions sont des volumes ponctuels, négociés par client, avec un début et une fin. Les deux ne se prévoient pas de la même façon, et les mélanger est la première cause de prévisions fausses dans le secteur.

Le fond de rayon : une semaine de référence journalière

La première étape consiste à définir, pour chaque article, une semaine type avec une quantité par jour, qui s'applique par défaut à toutes les semaines à venir. Elle se construit à partir de l'historique hors promotion et se corrige par un coefficient d'augmentation ou de réduction décidé par le planificateur : hausse en début de mois, vacances scolaires, jour férié, météo annoncée. Le coefficient peut porter sur une période, une famille ou un article.

Les promotions : une maille client / article et des statuts

Chaque promotion est enregistrée dès qu'elle est proposée à un client, et suit un cycle :

  1. Simulation : vérification de la faisabilité, c'est-à-dire de la charge ajoutée face à la capacité disponible des lignes.
  2. Proposition : validée en interne, la promotion est envoyée au client.
  3. Acceptée : le client la confirme et elle entre dans la planification.

Une fois acceptée, la quantité doit être répartie sur la durée de l'opération, selon trois niveaux de lissage :

  • lissage simple : répartition uniforme sur la période ;
  • lissage automatique : coefficients calculés à partir des promotions passées du même client (par exemple 40 % la première semaine, 60 % la seconde) ;
  • lissage avancé : réajustement au fil des commandes réelles, le solde étant réparti sur les jours restants.

Saisonnalité, jours fériés, météo : des coefficients explicites

Plutôt que de retoucher les quantités à la main, mieux vaut poser des coefficients lisibles, que l'on peut expliquer et corriger :

  • Coefficient saisonnier hebdomadaire = ventes hors promotion de la semaine ÷ moyenne hebdomadaire de l'année. Moyenné sur deux ou trois ans, il absorbe les accidents d'une seule année.
  • Coefficient jour de la semaine = ventes du jour ÷ moyenne journalière de la semaine. Il structure la semaine de référence.
  • Coefficient événement, décidé par le planificateur pour un jour férié ou un pont, documenté par un commentaire.

Exemple : une semaine de référence à 1 000 unités, un coefficient saisonnier de 1,25 pour la semaine du 14 juillet et un coefficient événement de 0,8 sur le jour férié donnent 1 250 unités sur la semaine, avec la journée du 14 réduite de 20 %. Chaque chiffre s'explique, et la règle resservira l'an prochain.

Stock projeté et couverture quand la DLC est courte

Pour un produit frais, la formule du stock projeté ne change pas, sa lecture si :

Stock projeté du jour J = stock fin J−1 + production prévue J − prévision de ventes J

Couverture (en jours) = stock projeté ÷ prévision du lendemain

La couverture a un plafond : la DLC moins la vie résiduelle exigée par le client. Au-delà, le stock finira en casse. Exemple fictif : un article à sept jours de DLC et cinq jours de vie résiduelle exigés, soit deux jours de couverture maximale, produit à cadence fixe de 1 200 unités par jour, avec 500 unités prévues le samedi :

JourStock débutProduction prévuePrévision de ventesStock projeté fin de journéeCouvertureLecture
Lundi4001 2001 0006000,5 jTendu
Mardi6001 2001 1007000,8 jCorrect
Mercredi7001 2009001 0001,4 jCorrect
Jeudi1 0001 2007001 5002,5 jAu-dessus du plafond
Vendredi1 5001 2006002 1004,2 jCasse certaine

À cadence fixe, le stock dérive dès le milieu de semaine parce que la demande baisse. La réponse n'est pas de produire « au plus juste » le vendredi, mais de réduire la production dès mercredi ou de basculer la ligne sur un autre article. Une prévision journalière permet de décider deux jours avant plutôt que de jeter deux jours après.

Récupérer et classer l'historique

Pour que les coefficients soient justes, chaque vente passée doit être classée en fond de rayon ou en promotion, en rapprochant les lignes de commande des promotions enregistrées, client par client. Sans ce classement, l'historique contient les pics promotionnels et la semaine de référence est surestimée.

Il faut aussi mesurer l'écart entre prévu et réel par article et par semaine, en séparant là encore fond de rayon et promotions : un écart récurrent sur un article signale une semaine de référence à revoir, un écart sur une promotion un lissage à corriger pour ce client.

Les erreurs classiques

  1. Mélanger promotions et fond de rayon dans le même historique, puis s'étonner que la base grimpe chaque année.
  2. Prévoir à la semaine quand la ligne se planifie à la journée et que la DLC se compte en jours.
  3. Corriger les quantités à la main sans coefficient ni commentaire : l'année suivante, personne ne sait pourquoi la semaine 28 était à +30 %.
  4. Laisser le commercial modifier la prévision sans trace, hors délai, et découvrir l'écart en atelier.
  5. Attendre l'outil parfait avant de structurer le processus : le processus d'abord, l'outil ensuite pour le tenir.

Ce que nous voyons sur le terrain

Nous avons mené ce type de projet dans un groupe agroalimentaire, avec des gains significatifs en précision et en efficacité (voir notre cas client sur la digitalisation d'un fichier Excel de prévisions). Trois constats en ressortent.

D'abord, le processus est simple sur le papier, mais il repose sur une structuration rigoureuse des données : articles, clients, promotions avec leurs statuts, historiques classés. Un outil est indispensable pour le tenir dans la durée : prévision standard et promotions visibles côte à côte, coefficients ajustables, statuts des promotions et entrée dans la planification, mise à jour automatique des historiques et des coefficients de lissage.

Ensuite, le fichier Excel qui fait tout cela existe souvent déjà et contient les règles métier. Son problème n'est pas la logique, c'est le volume, la fragilité et l'absence d'historique.

Enfin, la question de la maille revient toujours : une prévision juste au niveau du site ne l'est pas article par article, or l'usine travaille à la maille article (voir notre article sur la centralisation des prévisions de ventes).

Conclusion

Structurer la prévision des ventes en agroalimentaire tient en quatre briques : une semaine de référence journalière pour le fond de rayon, des promotions gérées à la maille client / article avec statuts et lissage, des coefficients explicites pour la saisonnalité et les événements, un stock projeté lu avec la DLC comme plafond. Le tout mesuré chaque semaine, brique après brique.

Planiprev reprend cette structure : fond de rayon distinct des promotions, prévision article par article, coefficients et commentaires, stock projeté, couverture et ruptures anticipées, historique des modifications. Il lit votre ERP ou vos classeurs Excel. Voir comment Planiprev gère fond de rayon et promotions ou demander une démo.